Partir pour les hautes terres désertiques aux alentours du Kverkfjoll est déjà une aventure en soit. Comment en tirer le meilleur parti et profiter de ces étendues à perte de vue qui donnent le tournis ?

CARTE DES LIEUX

SOMMAIRE

CARNET DE VOYAGE
ET AU MILIEU COULE UNE RIVIÈRE

BON À SAVOIR
TRAVERSER UNE RIVIÈRE EN VOITURE

INFORMATIONS PRATIQUES
ACCESSIBILITÉ
ACTIVITÉS
TARIFS
HÉBERGEMENT
FRÉQUENTATION
AUTHENTICITÉ

ITINÉRAIRE
QUE FAIRE AUX ALENTOURS

CARNET DE VOYAGE

ET AU MILIEU COULE UNE RIVIÈRE

L’embranchement vers Modrudalur que nous venions de prendre nous éloignait définitivement de la route circulaire asphaltée. Un dernier plein de carburant, les vérifications d’usage concernant les niveaux et la roue de secours puis direction les hautes terres de Kverkfjoll. La végétation déjà éparse n’a pas tardé à disparaitre complètement et le paysage désertique est devenu lunaire. Défilant à vive allure entre les champs de lave, nous voilà embarqués comme des marins sur ce frêle navire au milieu d’un océan de terre. Au loin, un immense lacet d’eau argenté attendait impatiemment notre passage.

« Défilant à vive allure entre les champs de lave, nous voilà embarqués sur ce frêle navire au beau milieu d’un océan de terre. »

Au milieu de ces terres inhospitalières, l’eau provenant de la fonte des glaciers crée de petites rivières annexes qu’aucun pont ne franchit. La piste passant par un guet, le seul moyen de traverser est de s’aventurer dans l’eau avec le véhicule. Rassemblant notre courage et après avoir sondé le fond de la rivière à pied, nous voilà de nouveau derrière le volant, de l’eau jusqu’au milieu de la portière, avec l’unique espoir de pouvoir s’en extirper. La sortie pentue s’est faite tant bien que mal et l’adrénaline a enfin commencé à redescendre mais pas pour très longtemps car il ne s’agissait que du premier des huit franchissements de rivière qui nous attendait.

BON À SAVOIR

TRAVERSER UNE RIVIÈRE EN VOITURE

L‘expérience peut être éprouvante si vous n’en avez pas l’habitude. La première considération est la profondeur de la rivière. Les rangers et les centres d’information touristique peuvent vous renseigner sur le sujet. Renoncez à passer si l’eau est clairement plus haute que votre genou et il peut être intéressant de sonder la profondeur à pied avant de passer. Généralement, plus le cours d’eau est large et moins il est profond. En observant la surface de l’eau, les zones de faibles profondeurs créent moins de remous et l’eau y est généralement plus lisse.

« Renoncez à passer si l’eau est clairement plus haute que votre genou et il peut être intéressant de sonder la profondeur à pied avant de passer. »

Si votre véhicule est équipée d’un mode 4×4 LOW (bas régime), enclenchez le avant de traverser et roulez avec avant la rivière pour vous habituer au nouveau régime. Quand la profondeur le permet, la trajectoire la plus fiable est de traverser légèrement dans le sens du courant pour éviter que celui-ci ne projette de l’eau dans le moteur. Restez en première et ne cherchez pas à changer de vitesse au milieu de la traversée. Roulez lentement (20 km/h max) pour franchir les inévitables rochers immergés et conservez une allure constante jusqu’à l’autre rive. En accélérant, le risque de planter la voiture augmente. Si votre moteur s’arrête au milieu de la rivière et que celle-ci n’est pas haute, n’essayez pas de la redémarrer car cela ferait rentrer de l’eau par le pot d’échappement. Appelez les secours au numéro d’urgence européen (112) et attendez qu’ils vous tirent de ce mauvais pas.

INFORMATIONS PRATIQUES

ACCESSIBILITÉ     30/100

Peu de transports en commun traversent l’Islande par les terres du centre. Pour se rendre de manière indépendante dans la région du Kverkfjoll, la location d’un véhicule 4×4 est indispensable. Certains courageux entreprennent la traversée à vélo mais cela relève de l’exploit sportif et demande une toute autre préparation. Des tours organisés sur quelques jours partent notamment de Myvatn. Le voyageur indépendant non motorisé qui souhaite se rendre dans les terres centrales sera limité à l’usage d’une seule piste pratiquée par quelques bus.

Par la route : www.re.is – Reykjavik Excursions

Lors de notre passage, la piste de Kverkfjoll était la plus praticable et possédait les franchissement de rivières les plus faciles. Les condition étant changeantes, renseignez-vous au centre d’information touristique de Myvatn afin d’affiner votre trajet en fonction des évolutions les plus récentes. Si vous envisagez de prendre le bus, deux lignes de la compagnie Reykjavik Excursions empruntent la piste de Sprengisandur et permettent de se rapprocher de la région en descendant au gite de Nyidalur.

ACTIVITÉS     60/100

Les sites d’intérêt majeurs sont peu nombreux et distants les uns des autres au milieu de l’immensité des hautes terres. Le principal intérêt en plus des quelques sites ci-dessous est de voir défiler les paysages lunaires durant la longue piste qui s’enfonce vers le Kverkfjoll. N’entreprenez pas ce voyage si les longs trajets vous dérangent et que vous n’appréciez pas rouler hors des routes goudronnées. Si ces choses vous intéressent en revanche, vous ne serez pas déçu par l’aventure qui s’offre à vous.

Piste de Sprengisandur : Traversée de l’Islande

Cette piste est la plus longe du pays et traverse l’Islande depuis le sud-ouest jusqu’au nord-ouest sans interruption. Depuis Myvatn, vous pouvez l’emprunter mais renseignez-vous sur les conditions de la traversée au centre d’information touristique. Les bus de Reykjavik Excursions déposent en plusieurs endroits sur cette piste.

  • LAUGAFELL : Magnifique petite montagne de moins de 1 000 mètres qui offre de nombreuses petites sources chaudes dont le voyageur peut profiter librement. Un refuge est situé à proximité si vous souhaitez y passer la nuit.
  • ALDEYJARFOSS : Magnifique et impressionnante cascade qui se jette du haut d’une falaise en orgues basaltiques. La chute est située sur le haut de la piste à une centaine de kilomètres de la route circulaire nord.
  • NYIDALUR : La superbe région de Nyidalur est parfaite pour partir randonner et couper le trajet qu’est la piste de Sprengisandur. Attention aux rivières à traverser si vous êtes en véhicule, ces dernières sont profondes. Se garer et finir les quelques centaines de mètres jusqu’au refuge à pied est une solution.
  • THORISVATN : Second lac d’Islande en superficie, le Thorisvatn est particulièrement impressionnant

 

Piste d’Askja : Traversée de l’Islande

Longue piste depuis la route circulaire à l’est de Myvatn, cette route était impraticable lors de notre passage car les rivières étaient trop hautes. Heureusement, la piste de Kverkfjoll rattrape celle d’Askja après les franchissements de rivière difficiles à passer. Renseignez-vous toujours sur les conditions des pistes avant de partir.

  • HROSSABORG : Superbe cratère de cendre en forme de demi-cercle, Hrossaborg a notamment servi de décor post-apocalyptique pour le film Oblivion pour lequel Tom Cruise a joué le premier rôle.
  • HERDUBREID : Montagne caractéristique en forme de gâteau à la crème, Herdubreid est connue pour être le plus beau sommet d’Islande. L’ascension est possible mais longue et pénible et un équipement particulier est indispensable. Si vous souhaitez l’observer, rendez vous un peu plus au nord par temps clair. L’oasis de Herdubreidarlindir est naturellement riche en mousse et plantes basses. De là, vous profiterez d’une vue imprenable sur Herdubreid.
  • DREKAGIL : La « gorge du dragon » doit son nom à la silhouette rocheuse qui préside au dessus des têtes des visiteurs. Un refuge non loin de là est le point de départ idéal pour explorer la région. En été, les gardiens pourront vous conseiller sur les différentes ballades à faire dans le coin. C’est depuis cet endroit que part la route qui relie la piste d’Askja et celle de Sprengisandur.
  • ASKJA : Véritable point d’orgue de toute visite dans la région, le lac d’Askja est le second plus profond du pays. Son lit a été formé par l’éboulement d’une gigantesque chambre magmatique de 11 kilomètres carrés. Sur le côté, ne manquez pas Viti, un petit lac secondaire qui est rempli d’une eau géothermale à 28°C. Lorsque la météo est bonne, la baignade peut être autorisée mais les risques d’éboulement restent réels.

Piste de Kverkfjoll : Anciennes grottes de glace.

Largement plus praticable que la piste d’Askja lors de notre passage, trois franchissements de rivière sont toutefois nécessaires pour atteindre Kverkfjoll depuis Modrudalur. Des grottes de glace sont la destination de cette piste mais avec le retrait répété du glacier ces dernières années, elles ont perdu de leur superbe. Même si le bout de la piste s’avère décevant, le chemin jusqu’au refuge de Sigurdarskali est magnifique. A proximité de l’hébergement,le mont Virkisfell (1 109 m) peut être grimpé aisément et offre un panorama grandiose sur la plaine environnante. De son sommet, le nouveau champ de lave est visible.

Holuhraun : Nouvelle coulée de lave.

Lors de l’éruption de 2014, la quantité de lave qui s’est répandue sur la plaine est inimaginable. La coulée a transformé le paysage et offre des vues splendides et totalement nouvelles. Passant par dessus une rivière, la lave est le témoin figé d’un phénomène gigantesque qui, à l’échelle géologique, vient juste de se produire.

TARIFS     40/100

Une fois enfoncé dans les hautes terres, il n’existe aucun point de ravitaillement en nourriture et pas de station service. Les quelques refuges pratiquent des tarifs élevés que ce soit pour la nourriture (pas toujours disponible) ou pour le couchage (en dortoirs ou en camping). Malgré leur prix, ces installations assurent la présence des gardiens du parc et permettent la protection du milieu naturel en interdisant le camping sauvage. Des marches guidées sont envisageables par beau temps et contre une importante rémunération. En revanche, l’exploration individuelle des sentiers de randonnée est entièrement gratuite tout comme l’entrée du parc national.

HÉBERGEMENT     40/100

Dans la région, les hébergements ne sont pas légions, et ils sont limités à des refuges dans l’enceinte des parc nationaux. Cela permet la conservation du milieu naturel et la veille du personnel de garde ce qui justifie en partie les tarifs disproportionnés par rapport aux prestations. Le camping et les nuits en dortoirs sont donc les seules options envisageables dont voilà une liste plus exhaustive.

Nyidalur – Hébergement petit budget : Refuge de Dreki

Proche de l’arrêt du bus de Reykjavik Excursions, deux refuges accueillent les visiteurs et leur servent de base pour d’éventuelles randonnées. Le camping est également possible, moyennant finance, aux alentours des bâtiments.

Herdubreidarlindir – Hébergement petit budget : Refuge de Thorsteinsskali

Avec ses trente lits et le camping adjacent, le Refuge de Thorsteinsskali est une excellente base pour explorer l’oasis de Herdubreidarlindir située tout près. La présence de douches et de cuisine est particulièrement appréciable après la marche sur les magnifiques chemins de la région.

Askja – Hébergement petit budget : Refuge de Dreki

Si le camping est possible malgré le froid, le Refuge de Dreki propose également une soixantaine de couchages sommaires mais appréciables. La base est excellente pour explorer la région, notamment le fameux lac d’Askja qui se trouve à seulement neuf kilomètres de là.

Kverkfjoll – Hébergement petit budget : Refuge de Sigurdarskali

Ce chalet aux portes de Kverkfjoll propose une salle commune chauffée avec cuisine, des lits en dortoirs à l’étage et un espace de camping avec des douches et toilettes fermées à l’écart. Proche des grottes de glace, ces dernières ont perdu leur lustre d’antan et ne sont plus très intéressantes aujourd’hui.

Modrudalur – Hébergement rapport qualité prix : Location de chambre et dortoirs

La seule véritable auberge de Modrudalur propose tous les services du hameau. Le café, le restaurant, la pompe à essence et l’auberge sont tenues conjointement et vous trouverez des chambres simples dans une maison adjacente ou des lits en dortoir ainsi qu’un emplacement de camping. Rien d’extraordinaire mais la possibilité de s’abriter si le temps se gâte.

FRÉQUENTATION     95/100

Avec des centaines de kilomètres de piste réservés aux 4×4 et plusieurs franchissements de rivière, les pistes du centre sont particulièrement sélectives. Assurez vous d’avoir un véhicule adapté et d’être couvert par votre assurance de location pour entreprendre ce voyage. Des tours organisés en grands 4×4 sont envisageables mais les groupes sont souvent restreints. Une fois sur place, les visiteurs peuvent facilement se retrouver seuls en pleine nature et profiter des magnifiques étendues sauvages qu’offre l’Islande.

Meilleure saison :

Le climat du pays est emprunt de dualité. Seules deux saisons sont véritablement discernables. L’hiver est particulièrement rigoureux faisant la part belle au froid et à l’obscurité. L’été en revanche est plus doux et la lumière du jour semble ne plus en finir. Les pistes 4×4 ouvrent généralement au milieu ou à la fin du mois de Juin et ferment début Septembre. Dans le centre plus qu’ailleurs, gardez en tête que le climat islandais peut changer très vite et la neige s’inviter même au plus fort de l’été. Prévoyez donc toujours des vêtements chauds et imperméables pur passer un bon séjour. Pour toute autre information sur le climat, référez vous à la page sur l’ Islande et aux graphiques météorologiques associés.

AUTHENTICITÉ     95/100

Avec ses paysages infinis dénués de vie et de la majeure partie des visiteurs, la région de Kverkfjoll est unique et spectaculaire. En empruntant cette piste, vous partez rejoindre un des plus grands glaciers du monde par l’intérieur des terre au milieu d’une des zones les plus inhospitalières qui soit. En 2014, une éruption a déversé un nouveau flot de lave dans la région et la coulée trône désormais au milieu d’un immense champ de cendre. La vue de cet interminable mur de basalte qui découpe l’horizon est un spectacle qui mérite à lui seul d’endurer la longue piste qui y mène.

ITINÉRAIRE

QUE FAIRE AUX ALENTOURS

Kverkfjoll : Désert du centre
Comme une aventure à part entière, la visite des hautes terres du centre en toute indépendance fait partie des expériences qui marquent pour la vie. D'une beauté désolée, les paysages sont impressionnants mais relativement monotones. N'empruntez cette route que si vous êtes attiré par l'idée de vous retrouver seul, aux prises avec vous même dans une nature rude et intraitable. Un voyage intérieur autant qu'extérieur.
Accessibilité30%
Activités60%
Tarifs40%
Hébergement40%
Fréquentation95%
Authenticité95%
POUR
  • Le lac d'Askja
  • Conduire sur la piste
  • Le nouveau champ de lave
CONTRE
  • La météo neigeuse
  • Le prix des refuges
  • Traverser les rivières
60%Note Finale
Note des lecteurs: (1 Vote)
64%

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