Capitale mondiale de l’Opale, Coober Pedy  est une ville de prospecteurs capable d’incarner sans peine l’âme du Mad Max de George Miller. Quels secrets peut bien encore receler le sol de la région ?

CARTE DES LIEUX

SOMMAIRE

CARNET DE VOYAGE
UNE VIE EN ENFER

BON À SAVOIR
LE TROU DE L’HOMME BLANC
UNE BOBINE DANS LE SABLE

INFORMATIONS PRATIQUES
ACCESSIBILITÉ
ACTIVITÉS
TARIFS
HÉBERGEMENT
FRÉQUENTATION
AUTHENTICITÉ

ITINÉRAIRE
QUE FAIRE AUX ALENTOURS

CARNET DE VOYAGE

   UNE VIE EN ENFER    

Traverser le désert n’est pas une mince affaire, les 800 kilomètres depuis Adélaïde nous en avaient convaincus. La route incroyablement monotone, les distances phénoménales et la température harassante en cette fin d’été font du trajet un effort de tous les instants. Pourtant nos souffrances ont été remises en perspective à l’approche de Coober Pedy : nous ne faisions que passer. Comment imaginer venir vivre sciemment dans cette fournaise aride et désolée où chacun de vos pas sur le sol brûlant arrache lentement le peu d’énergie qu’il vous reste. Et pourtant, c’est en ce lieu que vivent non moins de 3 500 personnes dévouées à une seule et unique chose : creuser. Comme autant d’âmes perdues condamnées à une tâche sans fin, les habitants de Coober Pedy fouillent le sol bouillant pour en extraire l’opale.

« Modifiées pour extraire les minerais contenant l’opale, ces machines loufoques évoquent les œuvres démentes des mécaniciens de Mad Max. »

Sur le trajet, d’étranges petits monticules de terre avaient déjà attiré notre attention. Mais quand ceux-ci devinrent légion à l’approche de la ville, la ligne d’horizon transformée en champ de bataille a exalté notre curiosité piquée au vif. Entre les nombreux tas de gravats issus d’autant de forages apparemment anarchiques, de singuliers véhicules laissent dépasser leur étrange appendice de métal. Modifiées pour accomplir la rude tache de l’extraction des minerais contenant l’opale,ces machines loufoques évoquent les œuvres démentes des mécaniciens de Mad Max.

« Comme un avertissement prouvant qu’ici ce qui est normal ne peut survivre et que le monde des côtes abondantes est bien loin derrière. »

Si ce monde n’était pas réel, nous aurions pu accuser la chaleur de brouiller nos esprits. Comme une interminable casse à ciel ouvert, la ville s’étale sous nos yeux entre montagnes de gravats et débris d’acier attendant d’être dévorés par la rouille. La légende veut que le seul arbre ayant survécu ici ai pour tronc l’axe de direction tordu arraché à un camion malchanceux. Du haut d’un des rares immeubles entouré de mines habitées, cette sculpture foisonnante surplombe le paysage. Comme un avertissement prouvant qu’ici ce qui est normal ne peut survivre et que le monde des côtes abondantes est bien loin derrière.

BON À SAVOIR

   LE TROU DE L’HOMME BLANC    

Si la région fut découverte dès 1858 par John McDouall Stuart durant son expédition ayant permis d’installer le télégraphe puis l’autoroute du même nom, il faudra attendre le 1er Février 1915 pour y voir la première installation humaine. Le mince filon d’opale précieuse découvert ce jour provient de la cristallisation sous haute pression de liquides aqueux extrêmement riches en silice. Quasiment propre à l’Australie, la présence de ce minerai à forte valeur marchande a motivé l’implantation des premiers colons dans la zone. Le nom Cooper Pedy provient de l’aborigène « kupa-piti » signifiant « le trou de l’homme blanc ».

« Le nom Cooper Pedy provient de l’aborigène kupa-piti : le trou de l’homme blanc. »

Dans les années 1970, l’extraction d’opale atteignait son paroxysme et de nombreuses légendes entourent cette période de richesse presque indécente. Chaque homme avait droit annuellement à ses 15 mètres carrés de terre exploitable mais parmi les 250 000 mines solitaires estimées, seuls les plus chanceux ont ressorti de grandes quantités d’opale. Pourtant, les histoires de tripots illégaux où se jouaient des liasses de billets par tables entières font perdurer le mirage d’une fortune tapis quelques mètres sous terre. Mais l’âge d’or de Coober Pedy est bel et bien révolu car les filons connus s’épuisent lentement sans que l’on en découvre de nouveaux. Pourtant la région n’a pas fini d’attirer l’homme blanc car récemment, la présence dans le bassin d’Arckaringa d’au moins trois milliards de barils de pétrole a été annoncée.

   UNE BOBINE DANS LE SABLE    

Est-ce la beauté rude des paysages ou le mode de vie sans compromis de ses habitants qui font de Coober Pedy un endroit unique? Toujours est-il que depuis l’invention de la pellicule ce lieu a fasciné les photographes et les cinéastes de tous horizons. Dépeignant souvent une terre hostile que ce soit la planète Mars ou le monde post apocalyptique de « Mad Max », la région se prête particulièrement bien aux films de science fiction.

« Dépeignant la planète Mars ou le monde post apocalyptique de « Mad Max », la région se prête particulièrement bien aux films de science fiction. »

L’ambiance même de la ville semble empruntée au script du film de George Miller alors que de nombreux habitants y ont eu un rôle de figurant. Mais Coober Pedy a également inspiré des comédies dont « Priscilla, folle du désert » qui raconte l’histoire délirante de trois drag-queens partant en tournée jusqu’au casino d’Alice Springs.

INFORMATIONS PRATIQUES

   ACCESSIBILITÉ            30/100    

Coober Pedy est une destination idéale pour qui souhaite avoir une bonne impression du désert australien. Presque 900 kilomètres séparent la petite ville minière d’Adélaïde mais à l’échelle de l’Australie cela ne représente rien d’extraordinaire. Pour qui souhaiterai goûter à l’isolement de l’Outback sans entreprendre la grande traversée nord-sud, un trajet aller-retour depuis Adélaïde est envisageable. Vous pourrez d’ailleurs coupler la visite avec celle de la Breakaways Reserve et vous arrêter en chemin dans les Flinders Ranges. Voici quelques informations pour rallier Coober Pedy ou vous enfoncer plus loin dans le désert jusqu’à Uluru.

Par la route : www.greyhound.com.au – Greyhound Bus (Anglais)

Coober Pedy se trouve à proximité de la Stuart Highway, seul itinéraire goudronné traversant l’Australie du nord au sud. Le site sera donc immanquablement sur votre route si vous empruntez cet itinéraire. La route est longue et monotone mais l’arrivée dans cette ville irréelle mérite l’essence dépensée. Prendre le bus est également une possibilité moins fatiguante que la conduite et sûrement moins onéreuse.

Par le rail : www.greatsouthernrail.com.au – Great Southern Rail (Anglais)

Le Ghan est un train mythique qui traverse l’Australie du nord au sud en passant par Coober Pedy où il est possible de s’arrêter. La gare se trouve toutefois relativement loin et il faudra justifier d’un hébergement ainsi que d’une navette de transport pour pouvoir descendre du wagon à cet endroit.

Par les airs : www.regionalexpress.com.au – Regional Express (Anglais)

L’avion n’est pas le moyen le plus évident pour se rendre à Coober Pedy. Si toutefois vous souhaitiez vous y rendre par les airs, sachez que l’option la moins coûteuse part d’Adélaïde.

   ACTIVITÉS            65/100    

Coober Pedy regorge d’activités aussi surprenantes qu’intéressantes. Vous entrez dans un monde surréaliste où l’histoire de la mine et la vie des habitants sont étroitement liés. Afin de vous imprégner de l’ambiance de la ville, nous vous suggérons un petite ballade à pied avant de vous aventurer dans les lieux ci-dessous. Le simple fait de déambuler dans les rues poussiéreuses de Coober Pedy assure déjà un dépaysement total. Si vous souhaitez vous aventurer hors des routes et sentiers, méfiez vous des puits creusés dans le sol qui ne sont pas toujours balisés. Afin d’éviter les chutes et les désagréments, portez des chaussures fermées et regardez où vous mettez les pieds. Particulièrement éprouvante en journée, la marche (voir carte ci-dessus) se prête bien aux premières heures du matin ou lors des derniers rayons du soleil. N’oubliez pas de prendre de l’eau car le soleil sera présent.

Old timer’s mine : www.oldtimersmine.com

Cette vieille mine creusée en 1916 a été redécouverte lors de l’agrandissement d’une habitation plus récente. Transformée en musée, la Old timer’s mine permet de découvrir le mode de vie sous-terrain des anciens colons. Entre vie troglodyte et travail acharné vous serez plongé dans l’âge depuis longtemps révolu de l’excavation à la pioche et au seau. Une démonstration d’utilisation de matériel minier plus récent vous permettra de constater les progrès effectués.

Eglise orthodoxe serbe :

Creusée à même la roche, cette église souterraine est une curiosité à ne pas manquer dans la région. Découvrez les têtes de saints sculptées à même la paroi et les vitraux donnant sur l’extérieur. La voute si particulière garde la forme des cylindres gratteurs ayant servis à son excavation.

Opal fields golf club :

Partageant un partenariat avec le prestigieux club écossais de St Andrews, ce terrain de golf en terre battue est une agréable surprise pour qui souhaiterait s’initier à des tarifs abordables. Un carré de gazon synthétique vous est fourni pour le placer sous votre balle lors du parcours.

Big winch lookout :

Situé sur le point haut de la ville, le Big winch lookout permet d’admirer la folle composition urbaine qu’est Coober Pedy. Vous y verrez également le célèbre arbre métallique issu d’un axe de direction de camion.

Vaisseau de Mad Max :

Ce décor en tôle est un des vestiges du tournage de Mad Max. En plus d’être franchement sympathique, la demi-navette spatiale permet de constater que lorsqu’un seul plan latéral est nécessaire au cinéma, pourquoi s’efforcer de faire un vaisseau entier.

   TARIFS            55/100    

Accéder à la ville ne vous coûtera que le prix du trajet mais la vaste majorité des activités sont payantes. Celles proposées affichent des tarifs raisonnables et le point de vue est gratuit. Bien sûr, déambuler dans la ville est parfaitement libre et c’est encore le meilleur moyen de savourer l’ambiance délicieusement déjantée de la ville. Si vous regardez bien, vous appercevrez peut-être Mad Max traverser la piste dans son buggy, à moins que ce ne soit un ancien figurant du film pris de nostalgie.

   HÉBERGEMENT           75/100   

La ville de Coober Pedy vivant désormais presque autant du tourisme que de l’extraction d’opale, vous trouverez une quantité d’hébergement et de lieux pour vous restaurer. Les adresses ci-dessous ont très bonne réputation et possèdent toutes le petit plus qui fait la renommée de la ville : elle sont creusées dans la roche. Prêt à planter la tente sous terre, dormir dans une chambre excavée à la pelleteuse ou manger avec plusieurs tonnes de roches suspendues au dessus de votre tête ?

Hébergement petits budgets : www.camp-underground.com.au – Riba’s (Anglais)

Situé à l’entrée sud de la ville, ce camping souterrain est idéal pour qui souhaite planter la tente dans un emplacement au frais. Un salon TV ainsi que des douches chaudes sont à disposition pour les hôtes. Comptez deux dizaines de dollars pour un emplacement sous terre avec électricité, le double si vous souhaitez une petite chambre. Sachez que des emplacements en surface existent également et reviennent à une somme modique.

Hébergement rapport qualité prix : www.downtoerth.com.au – Down to earth B&B (Anglais)

Voila un magnifique petit bed and breakfast qui propose des chambres tout confort creusées à même la roche. Un petit bassin idéal pour se rafraîchir est à la disposition des clients ce qui assure un plus non négligeable. Sachez qu’une chambre double coûte toutefois plus de 150 dollars par nuit.

Hébergement haut de gamme : www.desertcave.com.au – Desert cave hotel (Anglais)

Pour qui préfèrerait un complexe luxueux, cet hôtel se targe d’avoir les chambres les plus spacieuses de la ville. Que vous dormiez en sous sol ou à l’air libre, vous pourrez profiter du bar, du restaurant, de la piscine, de la salle de gym et même d’un cinéma. Nous vous conseillons d’ailleurs de faire un tour au bar même si vous choisissez de résider ailleurs. Le restaurant est également de très bonne qualité. Comptez tout de même deux centaines de dollars au moins pour une chambre double.

   FRÉQUENTATION            70/100    

Coober Pedy a le vent en poupe. Sa relative accessibilité en avion en fait une destination insolite qui tente de plus en plus de monde. Cependant, vous rencontrerez probablement plus de touristes australiens qu’étrangers ce qui peut donner lieu à de sympathiques rencontres. L’hospitalité des kangourous (surnom des australiens) n’étant plus à démonter, vous pourrez sûrement partager quelques verres avec les habitants comme avec les visiteurs. N’oubliez pas que les vacances scolaires seront un facteur important de l’activité touristique du lieu.

Meilleure saison :

Située au centre de l’Australie, la région de Coober Pedy peut être d’une chaleur écrasante en été. Pour l’hémisphère sud, les mois les plus chaud s’étendent de Novembre à Mars. Visiter le rocher est bien plus supportable entre Avril et Juillet qu’en plein mois de Janvier, surtout si vous souhaitez randonner. Ne vous inquiétez pas, même en hiver les journées sont très agréables, même si les nuits peuvent être fraîches. Entre Aout et Octobre, les températures restent tolérables mais les mouches peuvent être vraiment agaçantes. En toute saison, prévoyez un filet sur un couvre chef pour vous protéger le visage.

   AUTHENTICITÉ            85/100    

Même si la popularité touristique grandissante nuit un peu à l’authenticité du site, vous ne pourrez qu’être étonné par le mode de vie singulier qui existe à Coober Pedy. La visite ne laissera personne indifférent. Que l’ambiance du lieu vous fascine ou vous repousse, l’expérience sera bel et bien là et c’est sûrement le principal. N’oubliez pas que vous partez pour une longue route et que vous bénéficierez à l’arrivée de tout le confort moderne dans un des lieux les plus inhospitaliers du monde. Serez-vous de ceux que la fièvre de l’opale gardera sur place ? Un seul moyen pour connaitre la réponse à cette question : se rendre sur place et humer l’air poussiéreux.

ITINÉRAIRE

    QUE FAIRE AUX ALENTOURS   

Coober Pedy : Trésor des terres brulantes
Tout le monde connait la fièvre de l'or mais qui peut parler de la ruée vers l'opale ? Coober Pedy semble perdue dans le temps et l'espace à mi-chemin entre un western spaghetti et un film de science fiction déjanté. Forcés de vivre là où l'homme blanc n'a pas sa place, les habitants de la ville ont créé un lieu mystérieux qu'il convient de visiter si vous vous aventurez dans le désert.
Accessibilité30%
Activités65%
Tarifs55%
Hébergement75%
Fréquentation70%
Authenticité85%
POUR
  • Une nuit sous terre
  • L'effet Mad Max III
  • La fièvre de l'opale
CONTRE
  • La chaleur étouffante
  • La poussière
  • L'éloignement du lieu
63%Note Finale
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