Peut-être un des sites les plus représentatifs du désert australien, la Breakaways Reserve reste méconnue. Entre nature resplendissante et traumatismes passés, quels secrets se cachent dans les dunes ?

CARTE DES LIEUX

SOMMAIRE

CARNET DE VOYAGE
RÊVES DE SABLES

BON À SAVOIR
LE DÉSERT DE LA HONTE

INFORMATIONS PRATIQUES
ACCESSIBILITÉ
ACTIVITÉS
TARIFS
HÉBERGEMENT
FRÉQUENTATION
AUTHENTICITÉ

ITINÉRAIRE
QUE FAIRE AUX ALENTOURS

CARNET DE VOYAGE

RÊVES DE SABLES

Au sortir de Coober Pedy, la route vers le nord s’étire plus droite et monotone que jamais. Triste asphalte rectiligne qui défile sous les roues sans jamais vouloir prendre fin. Plutôt maussades à la simple idée des distances colossales nous attendant, nous avions décidé de faire un détour à travers la Breakaways Reserve pour retarder l’inévitable. Petite boucle sablonneuse aux portes de la ville minière, cette zone de conservation n’est pas très populaire malgré sa relative accessibilité. Quittant la route principale, les secousses à l’intérieur de l’habitacle se sont faites particulièrement présentes au point de nous pousser à monter le volume au maximum. Trop souvent avons-nous sous-estimé le pouvoir propre à la musique de transformer même l’action la plus banale en aventure épique. Alors lorsque les portes du désert s’ouvrent devant vous, quelques décibels supplémentaires ne font certainement pas de mal.

« Des flancs de ces demi-montagnes s’étirent des coulées de sables ocres allant du bordeaux au beige en passant par le blanc le plus immaculé »

Si Coober Pedy est l’œuvre inachevé d’un mécanicien fou piégé dans le film de George Miller, la Breakaways Reserve est l’âme même des immenses étendues qui caractérisent Mad Max III. Si ce lieu a été choisi comme archétype de contrée désertique, c’est autant pour ses reliefs dérangeants que pour ses sables aux teintes inconcevables. Les hauts-plateaux horizontaux en surplomb parsemant la plaine sont à l’origine du nom même du lieu. Comme si la partie haute du relief avant été brisée et emportée au loin. Des flancs de ces demi-montagnes s’étirent des coulées de sables ocres allant du bordeaux au beige en passant par le blanc le plus immaculé. Difficile de ne pas croire à l’intervention de la main humaine dans ce désert pourtant bien peint par dame nature.

« Le réveil est brutal quelques kilomètres plus loin quand, au sortir de ce mirage psychotrope, une plaine absolument désertique s’impose au visiteur . »

Perdu entre les nombreuses formations géologiques abstraites comme prisonnier d’un rêve hallucinogène, l’écoulement du temps devient une histoire de perception. Les secondes y durent des minutes et les heures passent en un instant comme un rêve immense tient en quelques minutes de sommeil. Le réveil est brutal quelques kilomètres plus loin quand, au sortir de ce mirage psychotrope, une plaine absolument désertique s’impose au visiteur comme une idée dans notre esprit. Étendue à perte de vue, aussi proche de mars que nous le sommes de devenir cosmonautes, la Moon Plain définit à merveille le terme aride. Pas de beauté devant ce spectacle aussi rude qu’horizontal mais l’étrange sensation d’avoir déjà oublié le monde éthéré que l’on vient à peine de quitter.

BON À SAVOIR

LE DÉSERT DE LA HONTE

Les immenses terres englobant la Breakaways Reserve ont été réattribuées aux aborigènes Antakirinja Matuntjara Yankunytjatjara en 1987 en signe de réconciliation. Ce groupe ethnique apporte une valeur particulière au site puisque certains arbustes y poussant possèdent une durée de vie remarquable et sont source de nourriture au milieu de désert. Le nom ancestral du lieu « Umoona », signifiant « longue vie » en Anangu, est directement tiré de ces végétaux. Pourtant il est à craindre qu’une seule vie ne suffise pas à faire oublier des réalités ayant pris place à quelques centaines de kilomètres de là. Longtemps cachés du public, les essais nucléaires britanniques de 1956 et 1957 ont vu l’explosion d’au moins sept bombes à fission dans la région de Maralinga.

« Longtemps cachés du public, les essais nucléaires britanniques de 1956 et 1957 ont vu l’explosion d’au moins sept bombes à fission dans la région de Maralinga. »

Les répercussions sur les populations locales sont peu médiatiques et seul le montant de la compensation financière versée par le gouvernement est connu à ce jour. Malgré un dédommagement de 13,5 millions de dollars, il y a fort à parier que les conséquences humaines et écologiques restent préoccupantes. Depuis, deux programmes de décontamination ont été menés conjointement par le gouvernement australien et le Royaume-Uni afin de nettoyer les zones touchées. Certaines observations parlent pourtant de retombées radioactives au sein de zones déclarées propres. Pas d’inquiétude à avoir dans la proche région de Coober Pedy dont fait partie la Breakaways réserve car la forte population humaine dans ces zones remonte bien avant le début des essais.

INFORMATIONS PRATIQUES

ACCESSIBILITÉ     25/100

La Breakaways Reserve demande quelques sacrifices pour être découverte et sera plus ou moins accessible en fonction de votre mode de transport. Un véhicule est indispensable pour se rendre sur la boucle sablonneuse de 70 kilomètres qui traverse le site. Seul problème : la réserve est située à 870 kilomètres d’Adélaïde ou à 700 kilomètres d’Alice Springs et n’est donc proche d’aucune grande destination accessible par avion. Sauf bien sûr si vous êtes disposés à prendre un vol spécifique pour Coober Pedy depuis Adélaïde. En revanche, si vous envisagez la traversée du désert par la route nous vous conseillons le petit détour vers ces magnifiques formations multicolores.

Par la route : www.greyhound.com.au – Greyhound Bus (Anglais)

La Breakaways Reserve se trouve à proximité de la Stuart Highway, seul itinéraire goudronné traversant l’Australie dans ce sens. Le site sera donc immanquablement sur votre route si vous empruntez cet itinéraire. L’état de la piste traversante est relativement bon mais peut varier en fonction des conditions climatiques. Renseignez-vous préalablement à Coober Pedy. L’embranchement avec l’autoroute se situe à 22 kilomètres à peine au nord de la ville minière ce qui procure un certain sentiment de tranquillité quand à la fréquentation des lieux en cas de soucis mécaniques. Prendre le bus est également une possibilité mais ce dernier ne vous amènera que jusqu’à Coober Pedy où vous devrez trouver un moyen de transport pour explorer le site.

Par le rail : www.greatsouthernrail.com.au – Great Southern Rail (Anglais)

Le Ghan est un train mythique qui traverse l’Australie du nord au sud en passant par Coober Pedy où il est possible de s’arrêter. Vous devrez encore combiner cette option avec une location pour vous rendre jusqu’à la Breakaways Reserve. Prévoyez également l’hébergement en fonction des horaires du train et des locations disponibles.

Par les airs : www.regionalexpress.com.au – Regional Express (Anglais)

L’avion n’est pas le moyen le plus évident pour se rapprocher de la Breakaways Reserve. Si toutefois vous souhaitiez vous rendre à Coober Pedy par les airs, sachez que l’option la moins coûteuse part d’Adélaïde.

ACTIVITÉS     30/100

Ne vous attendez pas à trouver dans la région autre chose qu’une piste de terre entourée de dunes multicolores. Pas de circuits de randonnée et encore moins de centre culturel mais ce côté sauvage donne également son caractère à la Breakaways Reserve. Parmi les multiples formations aux noms inspirés de la faune locale, deux dunes ocres et blanches rappelant des tours fortifiées composent le « Castle » immortalisé dans Mad Max III. Plus loin sur la route, la « Moon Plain » s’avère judicieusement nommée tant ce paysage plat et sans vie semble sorti d’un film sur la conquête spatiale. Traversant cette immense étendue désolée, la « Dog Fence » s’étire sur plus de 5600 kilomètres coupant le pays d’est en ouest. Cette curieuse barrière s’étire à perte de vue est en fait le seul rempart empêchant le déplacement des dingos (chiens sauvages) vers le sud et les fragiles élevages de moutons. Rien de plus donc qu’une nature surprenante à l’état brut ce qui est déjà trop rare.

TARIFS     90/100

Les frais d’accès à la Breakaways Reserve se montent à un poignée de dollars rendant le lieu d’autant plus attractif. Comme beaucoup de sites naturels en Australie, le tarif y est amplement justifié par l’entretien de la route. L’office du tourisme de Coober Pedy délivre notamment des permis d’entrée et une borne d’auto-enregistrement est également mise à disposition dans les premiers kilomètres de la boucle. Ici, comme dans de nombreux parcs nationaux en Australie, la confiance fait foi concernant le règlement des frais d’entretien et de conservation.

HÉBERGEMENT     65/100

Les opportunités d’hébergement au sein même de la Breakaways Reserve brillent par leur inexistence mais la proximité avec la ville minière rend ce manquement parfaitement tolérable. Qui plus est, c’est vraiment la désolation du site qui saisit le visiteur et cela serait bien différent si des espaces de camping étaient aménagés sur le bord de la route. Pour toute information sur les possibilités d’hébergement en ville ou à proximité, veuillez vous reporter directement à l’article sur Coober Pedy.

FRÉQUENTATION     75/100

Proche de la route principale et loin des villes principales, la Breakaways Reserve est à la fois facile d’accès et remarquablement isolée. Tout dépend de votre mode de transport et de vos objectifs en terme de déplacement lors de votre visite. De ce fait, il s’agit d’un lieu désertique, autant par sa nature que par sa fréquentation touristique. Les quelques formations de sable coloré ne méritent probablement pas à elles seules le long déplacement pour s’y rendre mais le voyageur déjà sur la route y verra un détour accessible et très peu fréquenté. Dans la mesure où le site transcende l’image que l’on peut se faire du désert australien, c’est un véritable plaisir de ne pas y voir foule.

Meilleure saison :

Située au centre de l’Australie, la région peut être d’une chaleur écrasante en été. Pour l’hémisphère sud, les mois les plus chauds s’étendent de Novembre à Mars. Visiter la réserve est bien plus supportable entre Avril et Juillet qu’en plein mois de Janvier. Entre Aout et Octobre, les températures restes tolérables mais les mouches peuvent être vraiment agaçantes. En toute saison, prévoyez un filet sur un couvre chef pour vous protéger le visage. Enfin, les camaïeux de couleur habillant les formations rocheuses sont particulièrement mis en valeur par les dernières lueurs du jour ce qui est idéal pour la photographie.

AUTHENTICITÉ     85/100

De part son état sauvage et sa faible fréquentation, la Breakaways Reserve procure la sensation de s’aventurer loin à travers l’Outback en restant à quelques dizaines de kilomètres d’une ville principale. Pour le plaisir d’incarner l’esprit de Mad Max, n’hésitez pas à rouler la longue piste en terre avec le volume au maximum. Cette expérience n’est peut-être pas franchement authentique mais elle n’en demeure pas moins diablement agréable si vous voulez notre avis.

ITINÉRAIRE

    QUE FAIRE AUX ALENTOURS   

Breakaways Reserve : Les sables de l'oubli
Pour avoir l'impression de se perdre dans le désert sans avoir besoin d'investir dans un véhicule tout terrain et son équipement de survie, la Breakaways réserve est sans doute la meilleure alternative. Sans valoir un billet d'avion à lui seul, ce site fort en caractère mérite amplement le détour pour qui décide de traverser le désert par la route.
Accessibilité25%
Activités30%
Tarifs90%
Hébergement65%
Fréquentation75%
Authenticité85%
POUR
  • L'effet Mad Max III
  • Le sable irréel
  • Le tarif abordable
CONTRE
  • L'histoire du lieu
  • Les informations culturelles
  • La chaleur étouffante
62%Note Finale
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